Lorsqu'il s'agit de vendre votre entreprise, il est crucial de comprendre les principaux ajustements d'EBITDA susceptibles d'influencer significativement le résultat. Cet article présente les 10 principaux ajustements d'EBITDA à prendre en compte pour optimiser la valeur de votre entreprise lors du processus de vente.
En normalisant votre EBITDA et en présentant des performances financières convaincantes, vous pouvez attirer des acheteurs potentiels et obtenir le meilleur prix possible pour votre entreprise.
Pourquoi normaliser l'EBITDA ?
L'EBITDA est couramment utilisé comme indicateur de flux de trésorerie opérationnel et joue un rôle essentiel dans l'évaluation des entreprises. Bien qu'il puisse être interprété de différentes manières, l'EBITDA sert souvent de base à la détermination de la valeur d'une entreprise par l'application d'un multiple, tel que le multiple de 5x l'EBITDA des douze derniers mois .
Par conséquent, la normalisation de l'EBITDA est essentielle pour présenter une image financière aussi précise et favorable que possible. Cependant, les acheteurs avertis ne se limitent pas à l'EBITDA et s'intéressent particulièrement au flux de trésorerie disponible pour évaluer une entreprise de manière exhaustive, en tenant compte de facteurs tels que les dépenses d'investissement, les intérêts et les impôts.
Néanmoins, savoir normaliser l'EBITDA et présenter un chiffre impressionnant reste une compétence précieuse pour les chefs d'entreprise.

Comment calculer l'EBITDA
L'EBITDA, abréviation de « bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement », est un indicateur largement utilisé dans le monde financier. Il a gagné en popularité lors de la frénésie des rachats d'entreprises par endettement dans les années 1980 et est depuis devenu omniprésent dans les milieux financiers.
L'EBITDA sert à plusieurs fins, notamment l'évaluation d'entreprise , la comparaison entre sociétés et la définition des clauses de prêt. Bien que paraissant simple, il est important de traiter cette mesure « non conforme aux PCGR » avec précaution.
Comprendre le calcul de l'EBITDA
Le calcul de l'EBITDA varie selon le point de départ. Toutefois, en général, l'EBITDA peut être calculé à l'aide des formules suivantes :
EBITDA = Résultat d'exploitation + Amortissement + Dépréciation
EBITDA = Résultat net + Intérêts + Impôts + Charges d'amortissement + Amortissement
Examinons plus en détail les définitions de chaque terme :
- Résultat net : Il s'agit du chiffre d'affaires restant après déduction de toutes les charges, telles que le coût des marchandises vendues, les frais généraux et administratifs, l'amortissement, les frais de financement et les impôts.
- Résultat d'exploitation : Il désigne le bénéfice réalisé grâce aux opérations, obtenu en soustrayant des revenus les charges telles que le coût des marchandises vendues, les frais généraux et administratifs, l'amortissement et les provisions pour dépréciation.
- Intérêts : Il s'agit des frais de financement encourus sur la dette en cours.
- Impôts : Ce terme indique la charge d'impôt sur le revenu pour une période donnée.
- Amortissement : Il représente la charge non monétaire associée à la portion d'un actif immobilisé corporel, tel qu'un bâtiment ou un équipement, considérée comme consommée au cours de la période actuelle.
- Amortissement : Il s’agit d’une charge non monétaire, similaire à la dépréciation, mais applicable spécifiquement aux actifs incorporels. Les brevets, les marques de commerce, les droits d’auteur et le goodwill sont des exemples d’actifs incorporels.
Analyse de la signification de l'EBITDA
L'EBITDA trouve des applications dans divers ratios et calculs. Parmi les indicateurs utiles dérivés de l'EBITDA figure la marge d'EBITDA, qui représente l'EBITDA en pourcentage du chiffre d'affaires. Cet indicateur permet d'évaluer le flux de trésorerie d'exploitation généré pour chaque dollar de chiffre d'affaires réalisé.
La marge d'EBITDA est couramment utilisée pour comparer les entreprises d'un même secteur. Une marge d'EBITDA plus élevée est généralement considérée comme plus favorable, car elle témoigne d'une meilleure efficacité opérationnelle.
Retracer l'histoire de l'EBITDA
L'émergence de l'EBITDA trouve son origine dans les innovations dictées par la nécessité. Dans les années 1970, John Malone, un magnat du câble milliardaire, a compris l'importance d'optimiser les opérations pour maîtriser les coûts de programmation dans ce secteur. Il s'est alors trouvé confronté à la fois à un défi et à une opportunité.
À cette époque, Wall Street et de nombreux câblo-opérateurs se concentraient principalement sur la croissance du bénéfice net et du bénéfice par action (BPA). La stratégie de croissance de Malone, qui consistait à maximiser les flux de trésorerie impôts pour financer la croissance organique et les acquisitions, ne correspondait pas à la croissance du BPA, car elle imposait de minimiser les bénéfices et les impôts déclarés. Pour combler cet écart, il a tiré parti de l'EBITDA afin de privilégier les flux de trésorerie destinés aux prêteurs et aux investisseurs.
L'EBITDA s'est avéré avantageux pour les entreprises fortement endettées et à forte intensité capitalistique, offrant des perspectives de rentabilité plus favorables que le résultat d'exploitation ou le résultat net. En ajustant le résultat net par une série de modifications, l'EBITDA a fourni une mesure de la performance opérationnelle considérée comme moins influencée par des stratégies comptables ou financières spécifiques. Cette focalisation sur la performance opérationnelle convenait à certains types de structures d'entreprise.
La popularité de l'EBITDA comme indicateur de valeur n'a cessé de croître tout au long des années 1980 et au-delà. Dans les années 1980, les investisseurs impliqués dans des rachats d'entreprises par endettement utilisaient l'EBITDA pour évaluer la rentabilité des entreprises en difficulté et leur capacité à couvrir les coûts de financement liés à leur restructuration. Durant l'essor d'Internet, l'EBITDA s'est imposé comme un indicateur privilégié pour identifier les entreprises à fort potentiel de croissance, mais freinées par un endettement important.
Applications pratiques de l'EBITDA aujourd'hui
Aujourd'hui, l'EBITDA reste un outil précieux pour évaluer la performance opérationnelle d'une entreprise, auquel font confiance les chefs d'entreprise, les investisseurs et les prêteurs.
Chefs d'entreprise et gestionnaires : L'EBITDA permet aux chefs d'entreprise et aux gestionnaires de comparer les performances opérationnelles de leur entreprise à celles de leurs concurrents et aux normes du secteur. Un EBITDA élevé peut faciliter l'obtention de prêts commerciaux, car il témoigne de la capacité de l'entreprise à rembourser sa dette. De plus, une marge d'EBITDA élevée peut attirer des acheteurs potentiels, car elle est le signe d'une trésorerie saine et d'une bonne rentabilité.
Investisseurs : Les investisseurs utilisent l’EBITDA comme indicateur rapide pour évaluer les opérations d’une entreprise, le comparer à d’autres investissements du même secteur et estimer sa valorisation. Si une entreprise cible affiche un EBITDA élevé mais un faible bénéfice net, elle peut constituer une opportunité d’acquisition intéressante si l’investisseur parvient à restructurer stratégiquement ses actifs et sa dette.
Prêteurs : Les prêteurs s’appuient sur l’EBITDA pour évaluer la performance opérationnelle d’un emprunteur par rapport à ses concurrents. Il renseigne également sur la trésorerie, un EBITDA sain étant synonyme de flux de trésorerie d’exploitation robustes. De plus, l’EBITDA donne une indication de la capacité de l’emprunteur à rembourser ses prêts. Enfin, l’EBITDA sert fréquemment de base aux clauses restrictives des contrats de prêt.
Analyse des avantages et des inconvénients
Bien que l'EBITDA soit une mesure largement utilisée, il est crucial d'en comprendre les forces et les faiblesses afin d'éviter toute interprétation erronée de la situation financière d'une entreprise.
Avantages de l'EBITDA :
- Calcul simplifié : l'EBITDA peut être facilement calculé à partir des informations du compte de résultat.
- Analyse de la performance opérationnelle : En excluant l’impact des décisions comptables, fiscales et financières, l’EBITDA met en lumière la performance opérationnelle. Des variables telles que les amortissements, les impôts et les intérêts, qui peuvent différer d’une entreprise à l’autre, n’ont pas d’incidence sur cette performance. Les intérêts varient selon la structure du capital, tandis que les charges fiscales diffèrent selon les juridictions et ne sont pas directement liées à l’activité de l’entreprise. Les amortissements, étant des charges non décaissables, sont subjectifs et n’ont pas d’impact direct sur l’exploitation.
- Comparabilité : L'EBITDA facilite la comparaison des entreprises avec leurs concurrents et les moyennes du secteur.
Inconvénients de l'EBITDA :
- Mesure non conforme aux PCGR : L’EBITDA est une mesure non conforme aux PCGR, ce qui signifie que son calcul peut varier d’une entreprise à l’autre et qu’il peut potentiellement être manipulé.
- Ne remplace pas l'analyse des flux de trésorerie : l'EBITDA n'intègre pas les variations du fonds de roulement et des dépenses d'investissement, ce qui en fait un substitut incomplet à l'analyse des flux de trésorerie.
- Risques de distraction : L’EBITDA peut favoriser les entreprises fortement imposées, soumises à des charges d’intérêts et d’amortissement élevées. Cette focalisation sur la rentabilité peut détourner l’attention de mauvaises décisions de gestion, comme le recours à des dettes à taux d’intérêt élevés ou la négligence du remplacement du matériel vieillissant.
- Ne tient pas compte des coûts des actifs : l’EBITDA ne prend pas en compte le coût des actifs et suppose que la rentabilité résulte uniquement des ventes et des opérations.

Les 10 principaux ajustements de l'EBITDA
Pour optimiser votre EBITDA, il est crucial de procéder à certains ajustements avant de mettre votre entreprise en vente. Voici les 10 principaux ajustements de normalisation à envisager :
1. Revenus ou dépenses non conclus à des conditions normales de marché
Cet ajustement concerne les transactions entre votre entreprise et des parties liées effectuées à des prix supérieurs ou inférieurs aux prix du marché. Par exemple, si votre filiale d'exploitation achète des fournitures auprès d'une autre société détenue par un actionnaire important à des prix supérieurs à leur juste valeur marchande, votre EBITDA doit être normalisé en conséquence afin de refléter la valeur exacte de ces fournitures.
2. Revenus ou dépenses générés par les actifs redondants
Les actifs redondants sont des actifs qui ne sont pas essentiels au bon fonctionnement de l'entreprise. Par exemple, si votre entreprise possède un chalet au bord d'un lac utilisé occasionnellement pour des événements d'entreprise ou des activités de motivation des employés, les dépenses liées à ce chalet doivent être réintégrées dans l'EBITDA afin de le normaliser, car il est considéré comme redondant par les acheteurs potentiels.
3. Salaires et primes des propriétaires
Les salaires et primes des propriétaires diffèrent souvent des salaires réguliers versés aux gestionnaires externes. De plus, les propriétaires peuvent déclarer des primes de fin d'année afin de réduire leur impôt sur le revenu. Pour calculer l'EBITDA récurrent, il convient de réintégrer ces salaires et primes exceptionnels des propriétaires, tout en déduisant la rémunération estimée du gestionnaire externe.
Cet ajustement se traduit généralement par une augmentation de l'EBITDA, notamment si d'importantes primes de fin d'année ont été versées aux actionnaires.
4. Location d'installations à des prix supérieurs ou inférieurs à la juste valeur marchande
De nombreuses entreprises louent des locaux auprès d'une société holding détenue par un actionnaire, et le loyer facturé est souvent fixé arbitrairement à un niveau supérieur au prix du marché. À l'instar des transactions entre parties liées, cet ajustement consiste à réintégrer le loyer non conforme au principe de pleine concurrence et à soustraire le loyer de marché réel afin d'ajuster l'EBITDA à la hausse.
5. Frais de démarrage
Si votre entreprise a lancé une nouvelle gamme de produits ou un nouveau service au cours de la période analysée, les coûts de démarrage associés doivent être réintégrés à l'EBITDA. Ces coûts étant des dépenses ponctuelles et non récurrentes, leur exclusion permet d'obtenir une image plus fidèle de la performance financière courante de l'entreprise.
6. Poursuites judiciaires, arbitrages, recouvrements de créances d'assurance et litiges ponctuels
Les produits ou charges exceptionnels résultant de règlements de litiges ou de différends ponctuels doivent être ajustés dans l'EBITDA. Les produits tels que les indemnités d'assurance sont déduits, tandis que les charges comme les règlements de litiges sont réintégrées. Ces éléments sont considérés comme non récurrents et ne devraient pas impacter la performance financière courante de l'entreprise.
7. Honoraires professionnels ponctuels
Les dépenses liées à des opérations non récurrentes, telles que les honoraires d'avocat pour le règlement d'un litige ou les frais comptables pour des transactions exceptionnelles, doivent être réintégrées à l'EBITDA. En excluant ces frais professionnels ponctuels, vous obtenez une image plus fidèle de la performance financière courante de l'entreprise.
8. Réparations et entretien
Souvent négligées, les dépenses de réparation et d'entretien ont un impact significatif sur les ajustements de l'EBITDA. Certains dirigeants d'entreprises privées classent intentionnellement les dépenses d'investissement en réparations afin de minimiser leurs impôts. Si cette pratique peut réduire les charges fiscales annuelles, elle peut impacter négativement la valorisation de l'entreprise lors d'une vente en diminuant l'EBITDA historique.
Pour garantir une représentation fidèle, un examen approfondi doit être mené afin de distinguer les immobilisations des réparations et de réintégrer les dépenses d'investissement à l'EBITDA.
9. Inventaires
Si votre entreprise utilise du matériel pour fournir des services, il est courant de disposer d'un stock de pièces détachées. Les entreprises privées provisionnent souvent une somme forfaitaire pour les pièces détachées tout au long de l'année, et déduisent les pièces acquises pendant cette période afin de minimiser leur revenu imposable.
Toutefois, à l'approche de la vente de votre entreprise, il est recommandé de procéder à un inventaire et à une évaluation précis. Tout excédent de stock par rapport à la provision pour dépréciation doit être réintégré à l'EBITDA afin de refléter fidèlement la valeur réelle des stocks.
10. Autres revenus et dépenses
La catégorie « Autres produits et charges » des états financiers comprend souvent des éléments susceptibles d'être ajustés dans le calcul de l'EBITDA. Cette catégorie regroupe généralement diverses charges ne correspondant à aucun code spécifique. Il est essentiel d'examiner attentivement ces comptes et de réintégrer les éléments non récurrents. Par exemple, les primes exceptionnelles versées aux employés ou les dons extraordinaires comptabilisés dans cette catégorie doivent être réintégrés à l'EBITDA.
La puissance de l'EBITDA normalisé
Les chiffres ne sont pas toujours simples, surtout lorsqu'il s'agit de calculer l'EBITDA en vue de la vente de votre entreprise. Les banquiers d'affaires s'appuient sur un récapitulatif de l'EBITDA normalisé sur cinq ans pour commercialiser efficacement votre société.
En analysant vos chiffres de manière proactive bien avant la vente, vous vous assurez d'obtenir la meilleure offre possible. N'oubliez pas qu'un EBITDA cinq fois supérieur sera toujours plus avantageux. Tirez parti de l'EBITDA normalisé pour maximiser la valeur de votre entreprise lors du processus de vente et attirer les acheteurs potentiels en toute confiance.




